La sophrothérapie

C'est une thérapie qui passe par le corps: elle vise à établir une communication entre le corps et le mental par le biais de la pratique de la sophrologie. Chaque entité corps/mental finit par percevoir les signaux de l'autre et en tient compte . Ce sont ces échanges et leur perception qui aboutissent petit à petit à ce que les sophrologues désignent par "l'harmonie de la conscience", c'est à dire une sorte d'équilibre entre le corps, l'émotionnel et le mental, qui aboutit à une certaine sérénité et à une perception plus positive de la vie.

Qu'est-ce que la sophrologie ?
Elle a été conçue dans les années 60 par un psychiatre, le docteur Caycedo. De par ses racines grecques ce mot veut dire: recherche de l'harmonie de la conscience. Caycedo s'est inspiré des philosophies orientales et de leurs pratiques comme le bouddhisme, le zen, le yoga: il découvre entre autre que la détente du corps provoque une certaine détente de l'esprit. Par le biais de la sophronisation, la personne parvient à un état de conscience équivalent à celui où nous nous trouvons avant l'endormissement, entre veille et sommeil. Le corps et l'esprit, petit à petit, parviennent à un état de détente globale très réénergisant. Les rêveries, images, pensées provenant de l'imaginaire et de l'inconscient apparaissent. En même temps, la personne reste réceptive aux sons extérieurs. Mais elle peut sortir de cet état à tout moment (quand elle le désire).
Les personnes en souffrance psychologique sont plus que les autres envahies par ce que Freud a appellé les pulsions de mort, par rapport aux pulsions de vie. Celles-ci existent en chacun de nous mais elles sont parfois étouffées par la souffrance et les pulsions de mort , qui nous tirent vers le bas. Elles donnent au pire la dépression; au "mieux" le pessimisme, la résignation, le renoncement, l'inertie, l'ennui etc...
Un des principes-clé de la sophrologie est le principe d'action positive: tout en reconnaissant ce qui va mal, le sophrologue propose à la personne en état de sophronisation des images ou des situations agréables, qui peuvent être choisies préalablement par le patient. Bref, le sophrologue réveille les pulsions de vie petit à petit.
Cependant, dans les dépressions graves le patient refuse de reconnaître le positif, il peut même lui être insupportable: une psychothérapie verbale classique est alors préférable.

Les applications de la sophrothérapie
Quand la sophrologie est utilisée comme support de la psychothérapie, cela s’appelle sophrothérapie. Elle est particulièrement indiquée dans les cas suivants:

  • troubles anxio-dépressifs, stress : bien souvent une dizaine de séances suffisent.
  • inhibition, émotivité, timidité.
  • certaines dépressions.
  • troubles psychosomatiques.
  • dans le cas de surpoids: quand le patient a perdu le contact avec les signaux de son corps et de son cerveau du fait de régimes trop contraignants et répétés, la sophrologie permet de renouer ce contact et d’évaluer vraiment la faim et les besoins du corps. Le patient prend conscience que le cerveau sait très bien ce qu’il lui faut, et peut faire la paix avec son corps et avec lui-même…

La sophrothérapie peut se mettre en place au cours d’une psychothérapie classique. De même qu’elle peut aboutir à une psychothérapie, s’il y a prise de conscience de problèmes plus profonds…
L’intérêt pour le patient est qu’il dispose ensuite d’un outil dont il peut se servir au quotidien. Par ailleurs, plus on s’entraîne, plus la détente s’installe rapidement, sans qu’on soit obligé de passer par les différentes étapes.

Comment se passe une séance?

Elle se déroule en quatre temps:
entretien préalable où la personne s'exprime librement.
relaxation dynamique debout: travail sur la respiration puis quelques exercices de contraction/détente musculaire qui facilitent la détente des muscles et du mental.
relaxation allongée: le (la) sophrologue incite le patient à relâcher chaque partie de son corps.
Je pratique la relaxation avec un support musical. Si la sophrologue, surtout les premières fois, suggère des images agréables, le patient est libre de s'évader dans son propre imaginaire.
entretien post-relaxation: Il est très important. Après avoir pris le temps d'émerger de l'état de sophronisation, le patient est invité à s'asseoir et à faire part de ses ressentis et de son vécu. Parfois une réflexion commune sur les productions de l'imaginaire et de l'inconscient permettent de faire avancer la psychothérapie. Le patient a pu également rester dans le ressenti de la détente, sans autre apport: c'est qu'il a vraiment lâché prise !

Conclusion
Il va de soi que la sophrologie ne peut s'appliquer qu'aux personnes qui acceptent l'idée de détente et de lâcher prise, ce qui n'est pas évident dans notre société ! Certaines personnes y parviennent rapidement ; pour d'autres il faut plus de temps; d'autres encore sont très angoissées par le lâcher prise nécessaire et ne peuvent y parvenir. En général il faut compter un minimum de 10 à 12 séances hebdomadaires avant d'intégrer mentalement la sophrologie et l'introduire spontanément dans sa vie.